"I'd rather be here a free man among brothers facing a long march and a hard fight than to be the richest citizen of Rome fat with food he didn't work for and surrounded by slaves."

 SPARTACUS
H. Fast, D. Trumbo, S. Kubrick, K. Douglas
Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 19:36

 

 

Nous ne prenons pas la plume dans un esprit de revanche mais avec une exigence de justice, cette même exigence de justice qui a animé François Hollande durant toute la campagne présidentielle et qui, nous l'espérons tous, marquera profondément le quinquennat qui s'ouvre.

 

Nous, membres du Réseau des enseignants du primaire en résistance, avons le devoir de faire entendre notre voix, au moment où l'école de la République peut retrouver la place qu'elle mérite au service des citoyens en construction. Nous avons noté avec plaisir que le Président de la République aspire à être le président de la jeunesse de France. Noble ambition qui ne peut se traduire en actes que si les enseignants que nous sommes sont associés véritablement à la profonde réflexion qui doit être engagée sur l'avenir du système éducatif.

 

Qui mieux que nous pourra témoigner de la nocivité des réformes imposées par le ministère de l'Education nationale depuis bientôt cinq ans ? Nous qui avons décidé de résister à cette politique de destruction volontaire de l'école républicaine, poussés par le seul appel de notre conscience, au mépris des sanctions qui se sont abattues sur nos têtes. Bien que d'horizons différents, bien qu'animés de convictions pédagogiques variées, nous sommes quelques-uns à avoir été heurtés, dès 2007, par les coups de boutoir portés à l'école. La lettre d'Alain Refalo, notre collègue de Colomiers, En conscience, je refuse d'obéir, en date du 6 novembre 2008, a été pour nombre d'entre nous le signal de l'entrée en résistance.

 

De lettres de refus en boycotts, ce sont plusieurs milliers d'enseignants à travers le pays qui ont participé à ce mouvement inédit dans l'école de la République, mouvement à la hauteur des attaques lancées, année après année, par le ministère : querelle sur les méthodes de lecture, destruction programmée des Rased et réduction des horaires en lien avec l'instauration de l'aide personnalisée, mise en place des évaluations nationales de CE1 et de CM2 et du fichier base-élèves, étiquetage des enfants au travers du livret personnel de compétences.

 

Sanctions après sanctions, nous avons maintenu le cap, en nous entraidant au cœur des tempêtes, en donnant ce que nous pouvions donner pour défendre notre école blessée, dans un esprit magnifique de solidarité, d'échange et de compréhension mutuelle. Et il nous en a fallu de cette sève pour enrayer le rouleau compresseur d'une administration sans états d'âme, pour nous passer du soutien d'appareils syndicaux généralement frileux, et au-delà pour lutter contre l'incompréhension, l'apathie, ou l'appréhension de la grande majorité de nos collègues. Nous avons souffert bien des mépris, sans renoncer à notre idéal de justice scolaire, et quand l'un ou l'autre d'entre nous ne se sentait plus la force nécessaire pour mener cette bataille qui nous a tous exposés à des degrés divers, un collègue prenait le relais.

 

Il n'y a pas de prétention à affirmer que notre combat a été exemplaire et cette exemplarité, chère au nouveau Président de la République, a toujours été, nous en prenons la mesure aujourd'hui, un pilier essentiel de nos actions. Nous avons dénoncé sans relâche et non sans découragement, jour après jour, les atteintes répétées à la liberté pédagogique, la « caporalisation » des esprits, l'absence de dialogue avec la hiérarchie, la soif de compétition, la course à l'évaluation, l'obsession du fichage. La plupart du temps, nous n'avons pas été entendus au sein de l'institution, chacun se cachant derrière un devoir de réserve fantasmé auquel nous avons été trop peu à opposer le devoir de vérité.

 

Au moment où la politique scolaire de la nation va prendre de nouvelles orientations qui, nous le souhaitons, feront du quinquennat passé une triste parenthèse, nous n'accepterons pas que d'aucuns réécrivent l'histoire. Il est si simple de retourner sa veste ou de brandir le devoir d'obéissance. Nous avons prouvé au contraire, par notre désobéissance pleinement assumée, que la résignation et la peur ne sont pas une fatalité, que la liberté et la fraternité ne sont pas des mots vains.

 

Nous n'avons pas de rancune, mais nous n'oublions pas les silences gênés, les mises en quarantaine, l'indifférence et la sinistre théorie des sanctions blessantes et ridicules : blâme, baisse de note, rétrogradation d'échelon, refus de promotion, retrait de direction, retenues sur salaire, suspension. Comme nous n'oublierons jamais la confiance des élèves, de maints parents et d'élus conscients de la justesse de nos combats.

 

Nous, membres du Réseau des enseignants du primaire en résistance, demandons solennellement que soient levées ou effacées toutes les sanctions qui nous ont frappés et que soit symboliquement reconnue notre action pour la défense de l'école de la République. Nous souhaitons être reçus collectivement par le ministre de l'Education nationale, pour devenir dès à présent une force de proposition dans le débat sur l'école qui s'annonce. Notre résistance au quotidien dans les classes, notre réflexion sur les enjeux scolaires ne sauraient être ignorées par le nouveau ministère. Nous avons soif de reconnaissance, de justice et de responsabilités.

 

 

pour le Réseau des enseignants du primaire en résistance, le 22 mai 2012,

 

Gilles Lehmann, école Jean-Rostand, Condat-sur-Vienne (87)

Anne Loconte, école Jules-Ferry, Colomiers (31)

Alain Refalo, école Jules-Ferry, Colomiers (31)

Valérie Hillion, école Les Halbrans, Pont-Saint-Martin (44)

Patrick Toro, école Saint-Alary, Saint-Girons (09)

Corine Lefort, école des Accoules, Marseille (13)

Jean Calvo, Rased Les Provinces, Blois (41)

Catia Piquemal, école d'Alba la Romaine, Alba-la-Romaine (07)

Christian Borgetto , école Jean-Rostand, Nailloux (31)

Agnès Bayle, école Jean Plathey, La Talaudière (42)

Cédric Serres, école Simon Bolivar, Montpellier (34)

Annie Biancarelli, école de Mezzana, Sarrola-Carcopino (2A)

Hugues Leenhardt, école du Petit Lac, Calas (13)

Marie-Hélène Robert, école Jean-Monteillet, Vezins de Lévézou (12)

Patrick Pappola, école de Pont d'Aubenas, Aubenas (07)

Ninon Bivès, école de Belmontet, La Salvetat-Belmontet (82)

Guillaume Mangenot, école de Saint-Martial, Montauban (82)

Véronique Decker, école Marie-Curie, Bobigny (93)

Philippe Cherpentier, école Georges-Brassens, Paulhan (34)

Armelle Huitric, école Jean-de-La-Fontaine, l'Isle-Jourdain (32)

Eric Torregrosa, école Louis-Aragon, Vertaizon (63)

Sylvie Pralong, école Jacques-Brel, Montauban (82)

Jean-Marc Hostachy, école Charles-Gounod, Saint-Étienne (42)

Isabelle Bérard, école Franklin-Roosevelt, Marseille (13)

Sébastien Goyer, école Célestin-Freinet, Saint-Front (16)

Dominique Larièpe, CMPP, Chalon-sur-Saône (71)

Gérard Rigaldo, école de Fons, Fons (46)

Marie-Odile Caleca, école George-Sand, Clermont-Ferrand (63)

Bastien Cazals, école Louise-Michel, Saint-Jean-de-Védas (34)

Claudia Chiaramonti,école Jules-Ferry, Vaison-la-Romaine (84)

Sébastien Rome, école Prosper-Gély, Lodève (34)

Cathy Liégent, école Boissière, Noisy-le-Sec (93)

Denis Sauvage, école de Pont d'Aubenas, Aubenas (07)

Laurence Ortega, CMP, Nantes (44)

Dany Bénézet, école de Lézan, Lézan (30)

Annick Teston, école de Pont d'Aubenas, Aubenas (07)

Meryem Hamada, école de Pont d'Aubenas, Aubenas (07)

Muriel Sarrade, école de Pont d'Aubenas, Aubenas (07)

Anne-Marie Terny école de Valvignères, Valvignères (07)

Viviane Mazer, école de Générargues, Générargues (30)

Maryse Ressayre, école Nadal, Saint-Victor-de-Malcap (30)

Pascale La Rosa, école Le Brusquet, Toulon (83)

Claire Moiroud, école Jean-Jaurès Vizille (38)

Laurence Baldit, école Victor-Hugo, La Grand-Combe (30)

Carine Bastiani, école Les Près Saint-Jean, Alès (30)

Gwénaelle Toulouse, école Louis-Leprince-Ringuet, Ales (30)

Christine Laurent, école de Mialet, Mialet (30)

Sandrine Dupin-Bosselli, école Edouard-Herriot, Soyaux (16)

Olivier Brand, école Saint-Exupéry, Belfort (90)

Isabelle Huchard, école de Boisseron, Boisseron (34)

Sylvain Grandserre, école Paul-Bert, Montérolier (76)

Annie Benuraud, école de Belmontet, La Salvetat-Belmontet (82)

Anne Courbière, groupe scolaire Montaigne-Jules-Ferry, Lyon (69)

Emmanuelle Lefevre, professeur des écoles (44)

Patricia Pilleul Mary, psychologue scolaire (77)

André Abeillon, professeur des écoles (69)

Huguette Darley, professeur des écoles (07)

Roland Braun, professeur des écoles (68)

Marguerite Bachy, professeur des écoles (85)

Joël Blanchard, professeur des écoles (85)

 

 

 

Par Gilles Lehmann
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 23:08

     Il ne faut jamais avoir raison avant tout le monde sous peine de passer pour le roi des emmerdeurs. Faire profil bas est sans aucun doute la meilleure façon de survivre dans le monde professionnel. Et quand vient l'heure du bilan, ne jamais dire : "Vous voyez, j'avais raison."

 

     Je le dis quand même parce que je suis le roi des emmerdeurs et que je l'assume. Quand en 2008, le ministre Xavier Darcos a inventé l'aide personnalisée, il était évident que la mort des rased allait suivre. La résistance prenait tout son sens à ce moment-là, mais le discours officiel a berné la profession (c'est tellement facile quand les gens préfèrent être bernés plutôt que de se battre). Aujourd'hui, les actions éventuelles ne seront plus qu'un baroud d'honneur sans espoir.

 

     L'aide personnalisée a tué les Rased et le ministère ne se cache plus pour dire que les enseignants des classes remplacent parfaitement les maîtres spécialisés. Qui pourra soutenir encore que l'APE c'est différent de l'aide spécialisée et gnagnagna et gnagnagna ? Darcos voulait rayer les Rased du paysage scolaire en trois ans. Un an de plus aura suffi. Du grand art. On ne peut que s'incliner devant l'intelligence de nos politiques à détricoter l'école au nez et à la barbe des enseignants et des parents.

 

     Bravo !

 

Par Gilles Lehmann
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 11 juin 2011 6 11 /06 /Juin /2011 12:47

J’accuse le ministre de l’Education Nationale, par Alain Refalo

 Publié sur Médiapart le mercredi 8 juin 2011


J’accuse le ministre de l’Education Nationale

par Alain Refalo (1)

 

L’exigence de vérité commande de prendre à nouveau la parole pour mettre en accusation les fossoyeurs de l’école publique, au premier rang desquels celui qui a en charge le ministère de l’Education Nationale. L’annonce de l’embauche de 17 000  « enseignants » par le biais de Pôle Emploi, alors que 16 000 postes de titulaires sont supprimés révèle, une fois encore, la supercherie et l’imposture d’une politique misérable qui sacrifie une génération d’élèves sur l’autel des restrictions budgétaires et d’une idéologie des puissants qui ont programmé la mort du service public d’éducation. C’est désormais une évidence : ce ministère a renoncé à tous les principes éthiques et déontologiques qui lui assuraient une légitimité pour être la voix de l’Education Nationale.

J’accuse le ministre de démanteler l’école publique en rayant de la carte 1 500 classes à la prochaine rentrée scolaire et en supprimant 16 000 postes d’enseignants, tout en privilégiant les embauches de personnes précaires non formées.

J’accuse le ministre de mentir à l’opinion publique, aux parents d’élèves et aux enseignants en faisant croire qu’il est possible de faire mieux avec moins, en clamant que l’école publique remplira mieux sa fonction avec moins d’enseignants qualifiés et plus d’élèves en difficulté dans les classes.

J’accuse le ministre de conduire une politique éducative réellement assassine qui, par des « réformes » irresponsables, tue le métier d’enseignant, tue le désir d’enseigner, tue le plaisir d’apprendre et finalement tue l’école de la République.

J’accuse le ministre d’avoir rompu durablement, après les désastreuses initiatives de son prédécesseur, l’indispensable lien de confiance entre l’autorité hiérarchique, l’encadrement intermédiaire et les enseignants du primaire, lien de confiance sans lequel il est impossible de construire quotidiennement une école du progrès pour tous.

J’accuse le ministre de double langage sur le droit à l’innovation pédagogique dans les classes et les écoles : d’un côté, il l’encourage, forums institutionnels à l’appui, de l’autre il le brime en imposant des programmes rétrogrades, des évaluations nationales formatées et des dispositifs de « soutien » en trompe-l’œil qui ont pour effet de standardiser les pratiques des enseignants au mépris de la liberté pédagogique garantie par la loi.

J’accuse le ministre de non assistance à professeurs en danger lorsqu’il les laisse seuls et désemparés affronter incivilités et violences ou lorsqu’il fait peser sur eux un stress permanent via un management de la hiérarchie aux injonctions souvent contradictoires.

J’accuse le ministre de mépriser les jeunes enseignants lorsque, sans aucune formation pédagogique et professionnelle, il les envoie « désarmés » et à leurs risques dans « l’arène » de la classe, négligeant les conséquences pour leurs élèves.

J’accuse le ministre de refuser d’investir dans l’éducation à la non-violence dès l’école en préférant les mesures dites « sécuritaires » qui insécurisent durablement les personnels et les élèves car elles montrent chaque jour leur totale inefficacité.

J’accuse le ministre de mener une politique qui porte atteinte aux droits de l’enfant en autorisant le fichage informatisé des élèves dès la maternelle, par le biais du fichier Base Elèves et du Livret Personnel de Compétences, outils illégitimes et illégaux du contrôle social des populations.

J’accuse le ministre de vouloir influencer la jeunesse de ce pays en imposant à la rentrée prochaine le retour de la phrase de morale écrite sur le tableau noir ainsi que l’apprentissage et le chant de La Marseillaise, alors que c’est d’éducation citoyenne dont nous avons besoin pour construire l’indispensable vivre-ensemble pour une société réellement solidaire.

J’accuse le ministre de vouloir caporaliser les enseignants du primaire en exigeant leur obéissance inconditionnelle à des injonctions hiérarchiques qui constituent un reniement de l’éthique de leurs missions.

J’accuse le ministre d’ordonner aux inspections académiques de poursuivre les enseignants du primaire en résistance, de sanctionner les enseignants-désobéisseurs, tels François Le Ménahèze à Nantes, symbole remarquable de la résistance éthique et responsable aux dérives et mensonges d’une hiérarchie incompétente.

J’accuse enfin le ministre de se mentir à lui-même et de porter tort à la fonction qu’il occupe.

Nul ne saurait emprisonner indéfiniment les consciences. Aujourd’hui, celles-ci sortent progressivement de leur léthargie. Cette indignation éthique qui monte représente une formidable espérance. Elle annonce la révolte salutaire dont notre société a plus que jamais besoin pour dessiner l’à-venir de notre école sous les couleurs de la générosité, du respect et de la solidarité.

 

(1) Enseignant du primaire en résistance (Colomiers, Haute-Garonne), initiateur de la lettre « En conscience, je refuse d’obéir » (6 novembre 2008) et du mouvement des enseignants-désobéisseurs, auteur de « Résister et enseigner de façon éthique et responsable », Ed. Golias, 2011.

Par Gilles Lehmann
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 11:04

     Après une mobilisation efficace des parents, des enseignants, de la directrice et des élus de la commune de Condat-sur-Vienne, notre école obtient une ouverture de classe à la rentrée 2011. C'est une nouvelle fois la preuve qu'une demande légitime a toutes les chances d'aboutir, si les citoyens que nous sommes manifestent pacifiquement et solidairement pour faire plier une administration qui n'a d'autre but que de réduire les coûts de fonctionnement de l'école publique, au détriment des élèves. Seul le rapport de force permet de sauver ce qui peut l'être encore.

 

     Peu importe que les hauts fonctionnaires de l'Education nationale, inspecteurs d'Académie et inspecteurs de circonscription aient leur sentiment propre sur les réformes en cours, peu importe que nombre d'entre eux comprennent que la politique actuelle est hautement nocive. Ils appliquent parce que leur obéissance contribue à leur confort personnel, la prime devenant le pilier de la fonction publique, à tous les échelons du système. Détruire plus pour gagner plus. Accepter ce système, c'est être le chien de la fable de La Fontaine :

 

 

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.

 

     Comme le loup, j'essaie encore de courir. Et quand tout le monde court, les plus grands espoirs sont permis. Quand les IEN commenceront à courir à leur tour, les adeptes du libéralisme triomphant qui détruisent méthodiquement tous les édifices de solidarité, les esclavagistes modernes qui assoient leur fortune sur la sueur, la détresse morale, la misère économique, l'inculture entretenue du plus grand nombre, tous ses maîtres auxquels il faut arrêter de complaire, sentiront les canines des chiens qui se retournent contre la main qui les nourrit et les crocs des loups affamés qui pourront enfin venir les tailler en pièces dans leur palais sans défense.

 

     Ouverture de classe contre fermeture du rased. Quand je disais en 2008 que l'aide personnalisée allait enterrer l'enseignement spécialisé, j'avais raison. C'était tellement évident que personne ne voulait y croire. Au revoir rééducateur, psychologue et maître E, que nous oublierons en deux temps trois mouvements parce que la mémoire nous donnerait des remords. Le ministère devrait songer à une prime de spleen. Au rythme où vont les choses, je propose que l'on supprime un enseignant sur dix en activité. On donne 1000 euros aux neuf qui restent. On réunit les enseignants par circonscription et ce sont eux qui votent pour éliminer tel ou tel collègue. Marrant non ?

 

     Ouverture de classe contre fermeture ailleurs. L'inspection a son objectif chiffré en tête. Du moment qu'elle le tient, peu importe qui en fait les frais. Quand toutes les écoles seront dans la rue pour demander des ouvertures...on peut rêver. Sans compter que certains directeurs un peu canins flattent ceux du logis académique en ne demandant rien, sinon à faire carrière. Triste vie décidément.

Par Gilles Lehmann
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 10:31

Après un peu de repos, j'espère redémarrer en janvier. Patience.

Par Gilles Lehmann
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Au fil des yeux

Recommander

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus