Le supplice de la grève
La grève, plage d'échouage des enseignants moribonds. Et sur la plage, la guillotine dressée par les ennemis du bien public.
La grève dans l'éducation n'est plus aujourd'hui un moyen de lutte, un levier de contestation, seulement une habitude grégaire sans aucune efficacité politique. On fait grève presque à date fixe, une fois, deux fois, trois fois dans l'année, un peu plus si des élections professionnelles ont lieu ou si le gouvernement est particulièrement virulent. Puis chacun, qu'il ait défilé ou non, revient dans sa classe comme si de rien n'était, conscient que cela ne changera pas grand-chose, mais vaguement déculpabilisé, vaguement satisfait d'avoir montré l'intensité de son mécontentement.
La grève est une thérapie, d'autant plus qu'elle s'accompagne de la petite promenade de santé, au tracé immuable, dans les rues d'une ville indifférente.
On discute, on agite des drapeaux, publicités ambulantes des syndicats, mouchoirs pour pleurer, linceuls des espoirs de la profession. Tout le monde sait très bien que si par le plus grand des hasards la grève est reconduite et s'installe dans la durée, ces colifichets regagneront bien vite les coffres des voitures à sono.
La grève ponctuelle est un moyen subtil d'encadrer le ras-le-bol des enseignants. On laisse sortir les moutons pour les faire bêler un tantinet en toute sécurité, encadrés par les bons chiens de berger avides de la récompense qui tombera inévitablement des mains de leur maître.
La grève d'un jour nuit aux élèves, nuit aux parents, nuit aux enseignants. C'est le fond de commerce des syndicats réformistes, de ceux qui accompagnent invariablement les pires réformes, parce qu'ils ont pour but premier leur propre survie, parce qu'il faut bien qu'ils mangent. Et peu importe que les moutons finissent à l'abattoir, pourvu que d'autres les remplacent.
SMA du gouvernement contre SMA des syndicats : service minimum d'accueil contre service minimum d'action.
L'avantage avec la grève d'un jour, c'est que l'on ne risque pas d'avoir une mauvaise note d'inspection pour avoir laissé sa classe. Ce serait presque le contraire. Un enseignant malléable doit être un bon gréviste, qui remplit, signe et transmet à la hiérarchie sa déclaration d'intention dans les délais, qui reste dans les limites balisées de la contestation de façade.
Des paroles de Gandhi à méditer.
La grève dans l'éducation n'est plus aujourd'hui un moyen de lutte, un levier de contestation, seulement une habitude grégaire sans aucune efficacité politique. On fait grève presque à date fixe, une fois, deux fois, trois fois dans l'année, un peu plus si des élections professionnelles ont lieu ou si le gouvernement est particulièrement virulent. Puis chacun, qu'il ait défilé ou non, revient dans sa classe comme si de rien n'était, conscient que cela ne changera pas grand-chose, mais vaguement déculpabilisé, vaguement satisfait d'avoir montré l'intensité de son mécontentement.
La grève est une thérapie, d'autant plus qu'elle s'accompagne de la petite promenade de santé, au tracé immuable, dans les rues d'une ville indifférente.
On discute, on agite des drapeaux, publicités ambulantes des syndicats, mouchoirs pour pleurer, linceuls des espoirs de la profession. Tout le monde sait très bien que si par le plus grand des hasards la grève est reconduite et s'installe dans la durée, ces colifichets regagneront bien vite les coffres des voitures à sono.
La grève ponctuelle est un moyen subtil d'encadrer le ras-le-bol des enseignants. On laisse sortir les moutons pour les faire bêler un tantinet en toute sécurité, encadrés par les bons chiens de berger avides de la récompense qui tombera inévitablement des mains de leur maître.
La grève d'un jour nuit aux élèves, nuit aux parents, nuit aux enseignants. C'est le fond de commerce des syndicats réformistes, de ceux qui accompagnent invariablement les pires réformes, parce qu'ils ont pour but premier leur propre survie, parce qu'il faut bien qu'ils mangent. Et peu importe que les moutons finissent à l'abattoir, pourvu que d'autres les remplacent.
SMA du gouvernement contre SMA des syndicats : service minimum d'accueil contre service minimum d'action.
L'avantage avec la grève d'un jour, c'est que l'on ne risque pas d'avoir une mauvaise note d'inspection pour avoir laissé sa classe. Ce serait presque le contraire. Un enseignant malléable doit être un bon gréviste, qui remplit, signe et transmet à la hiérarchie sa déclaration d'intention dans les délais, qui reste dans les limites balisées de la contestation de façade.
"Nous devons nous-mêmes incarner les changements que nous voulons voir se réaliser."
Des paroles de Gandhi à méditer.
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