Quoi de neuf ?
Après la mise en place de l'aide personnalisée en 2008, des évaluations nationales en 2009 et tandis que le fichage de nos enfants à l'école se poursuit presque en silence (CNRBE), la grande nouveauté de cette année, ou du moins la grande priorité de notre hiérarchie, sera d'imposer l'utilisation par les enseignants du livret de compétences informatisé (LDCI). Il faut que je termine la lecture et l'analyse ce fabuleux condensé d'intelligence humaine, de cette belle liste d'items qui a l'ambition d'être la photographie de la cervelle de nos enfants.
J'ai parfois l'impression d'être sur un bodyboard, avec devant moi une barre à passer et des vagues mauvaises qui n'en finissent pas de déferler. Je sors à peine de la première que la suivante me met la tête sous l'eau et je m'essouffle inexorablement. Pourtant au loin, j'aperçois un magnifique rouleau, sur lequel j'ai une folle envie de surfer.
Une première question de rentrée, puisque je n'ai pas le clavier très délié aujourd'hui.
Si l'aide personnalisée est une réussite, pourquoi ne pas en faire quatre heures au lieu de deux par semaine ? Et pourquoi les stages de remise à niveau, qui au final ont les mêmes objectifs et fonctionnent de la même manière (petits groupes d'élèves) que l'APE, ont-ils si peu de succès ? Pourquoi ne pas les rendre obligatoires en augmentant le temps de travail des enseignants ou en augmentant les effectifs par classe et en gagnant ainsi des moyens horaires ? Avec quarante-cinq à soixante élèves par classe, on pourrait libérer des professeurs pour qu'ils interviennent, sur leur temps de travail, dans les stages de vacances. Cela éviterait d'ailleurs de les rémunérer en heures supplémentaires et d'augmenter le service des personnels, ce qui n'est pas très porteur électoralement. Certes, il est difficile de pousser les murs des classes, mais il n'est pas impossible de créer des structures à étages. C'est fou la place perdue dans une classe. La mienne peut loger aujourd'hui une trentaine d'élèves. Avec un peu d'ingéniosité et de bonne volonté, il serait possible d'en accueillir le double, en posant un plancher de verre entre le sol et le plafond. Les gens qui nous gouvernent donnent l'exemple en vivant et en travaillant dans des logements et des bureaux de dimensions très modestes, ne l'oublions pas.
L'heure est aux économies : vos enfants ont déjà renoncé à trois semaines d'école par an, ils peuvent bien partager quelques mètres cubes d'air avec leurs condisciples. Un peu de gaz carbonique supplémentaire, pour sûr, c'est excellent pour la réflexion.